Capharnaüm

La maison de Pierre


Une église moderne, octogonale et surélevée s’impose au milieu du paysage : c’est la basilique de la Maison de Pierre. Elle recouvre et protège les ruines de cette Maison vénérée. Les certitudes absolues sont rares en archéologie, mais ici des indices nombreux et convergents permettent sans grande chance d’erreur de conserver ce nom à cet ensemble architectural.

 

Essayons d’en démêler l’écheveau. L’évangile de Marc nous dit qu’en sortant de la synagogue, "Jésus se rend à la maison de Pierre et André avec Jacques et Jean".

 

Elle n’est qu’à une cinquantaine de mètres, tout droit par une petite ruelle en escalier qui descend vers le lac. On comprend sans peine que les premiers chrétiens – et il y en eu dès la première heure selon les témoins des origines de l’Église – aient tenu à s’y retrouver.

 

Nous apprenons par les Actes des Apôtres qu’une pratique semblable a lieu à Jérusalem où la première communauté se réunit dans la maison de Marie, mère de Jean-Marc. Comme nous le constatons à Nazareth ou à Bethléem, les chrétiens conserveront le souvenir du lieu et développeront les signes visibles de leur dévotion par une succession d’agrandissements et de constructions.

 

Dans cette maison de Pierre, Jésus est tellement chez lui, que l’évangile en parle comme si c’était sa propre maison. Elle fut de fait durant plus de deux ans témoin des enseignements de Jésus comme l’explication de la parabole du bon grain et de l’ivraie. Et bien d’autres sans doute !

 

Basilique construite en 1990 sur le site de la « Maison de Pierre ». Vue de l'extérieur.

Vue de l'intérieur. On remarque un grand regard aménagé au centre du bâtiment, par lequel on découvre, plusieurs mètres plus bas, les vestiges des différentes étapes qui en ont écrit l’histoire.

Ici, contrairement à d’autres sites, la très haute antiquité, puis la pérennité des premiers signes de vénération apportent une garantie d’authenticité.


Quelques maquettes permettent de saisir la succession et l’évolution du site.

 

 Au point de départ, la « Maison de Pierre » est une maison semblable à toutes les autres : murs en galets de basalte bruts, des huisseries de porte en basalte toujours, mais taillés et ajustés.

 

La maison comporte deux pièces en enfilade donnant sur une petite cour, ouverte elle-même sur une ruelle nord-sud menant de la synagogue au Lac.

 

 

1. Porte de la cour donnant sur la ruelle

 2. Pièce d’habitation

 3. Pièce d’habitation

 4. Cour

 5. Ruelle


Au 5ème siècle, avec l’ère constantinienne, l’Église a maintenant pignon sur rue, on démolit cette ancienne maison transformée en église au cours des premiers siècles et l’on construit une basilique digne de ce nom. Comme à Jérusalem ou à Bethléem la structure octogonale s’impose : rappel du « huitième jour » où le Christ ressuscitant inaugure les temps de la Nouvelle Création. Un premier octogone enfermera ce qui reste de la « maison-église », les deux autres se développant autour de lui. Le tout sera couronné d’une coupole.