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Histoire de la Terre Sainte

Les millénaires qui ont précédé la venue de Jésus Christ dans notre monde ont été le creuset dans lequel l’homme a forgé sur les terres du Proche-Orient, le socle des grandes civilisations occidentales. C’est là que Dieu est venu se chercher un peuple, pour en faire le témoin de sa Révélation et de son Amour. Au Proche-Orient, l’aventure humaine est devenue objet d’Alliance, lieu de conversion et de grâce. Rechercher sur cette Terre Sainte les vestiges archéologiques de deux millénaires d’Ancien Testament, c’est rechercher les jalons du chemin que le Peuple de Dieu a suivi, mettant sa main dans la main même de Dieu, c’est entrer dans l’intelligence d’une histoire qui est devenue Histoire Sainte et à laquelle Jésus, Fils de Dieu et fils de Marie, a donné son sens et son accomplissement.


Ce premier chemin croise celui de l’homme qui s’est mis à l’écoute de la Parole : parole vivante et provocante de témoins que Dieu a choisis pour se dire à l’homme, car « après avoir parlé à de nombreuses reprises et de bien des façons à nos pères par les Prophètes, Dieu dans les derniers temps a parlé par le Fils » (Hébreux 1 1-2). Celui qui s’ouvre à la Parole la découvre alors pour ce qu’elle est : Parole de Vie et communion d’Amour avec le Tout-Autre et pourtant si proche.


Ouverture à l’archéologie si riche de la Terre Sainte, découverte d’une histoire situant constamment l’expérience de la foi dans le cadre existentiel qui fut celui d’Israël et de l’Église naissante, notre regard s’attardera sur chacun des sites visités lors d’un pèlerinage en Terre Sainte, et conduira, nous l’espérons, les visiteurs de notre site à mieux accueillir les textes sacrés dans leur double dimension de Parole de Dieu et de parole d’hommes.

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Le temps des commencements


« Jésus lors de ses de ses débuts, avait environ trente ans, il était à ce qu’on croyait, fils de Joseph, fils d’Héli, fils de Matthat,... fils d’Énos, fils de Seth, fils d’Adam, fils de Dieu. » Luc 3 23...38.)


Luc enracine ainsi le Mystère du Christ dans l’épaisseur de l’aventure humaine. Ces 76 générations qu’il aligne n’ont évidemment ni caractère exhaustif, ni garantie d’authenticité, la visée n’est pas là… mais le dernier de la liste — qui est en fait le premier — reste en tout état de cause Adam, l’Homme : Luc nous dit ainsi en trois mots son éminente dignité : « fils d’Adam, fils de Dieu ».


Aujourd’hui, le voile se lève un peu plus sur les origines de l’homme, grâce aux patients travaux des paléontologues, des archéologues et des préhistoriens, toujours plus nombreux sur les sites du Proche-Orient pour percer le mystère. À la lumière de leurs découvertes, la généalogie de Luc n’en devient que plus parlante. Depuis la création du monde, inlassablement, Dieu préparait la venue de son Fils : il venait dans le monde pour accomplir toutes choses.


Durant des centaines de milliers d’années, l’homme, l’homme doté de cœur et de raison, a cheminé, silencieux, sur la longue route de la vie, étape par étape, pérégrinant au rythme mystérieux des aléas de son histoire. Il y a plus de 180 000 ans apparaissent les premiers rituels funéraires. L’homme, conscient désormais de son identité et de son originalité dans le monde des vivants, dépose les corps de ses défunts dans une fosse, en position fœtale comme l’enfant dans le sein de sa mère ! Plus tard, dans la région d’Antalya en Turquie méridionale comme à Byblos au Liban, les corps sont disposés, toujours en position fœtale, dans une coquille d’argile ou de pierre taillée en forme d’œuf ! (Voir ci-contre)

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Sur la côte méridionale de la Palestine on ensevelit les morts — en seconde sépulture —­ dans un ossuaire en forme de maisonnette dont la porte est surmontée d’un nez, encadré parfois de deux yeux. Les tombes sont habituellement regroupées en un même lieu ; mais dans certains cas elles sont rassemblées pour former une véritable nécropole. Ce sont les ancêtres de tous les cimetières de l’histoire. Ces sépultures, ainsi que les nombreuses statuettes de la déesse-mère datées de 30 000 ans dans les régions les plus diverses, laissent deviner les intuitions religieuses de ces siècles enfouis dans les nuits de la Préhistoire. Ignorant cependant les desseins de Dieu, ces hommes et ces femmes tissaient à leur insu, de génération en génération, le manteau d’humanité qu’allait revêtir le Verbe de Dieu, dans l’insondable mystère de l’Incarnation. Oui ! « Le Verbe s’est fait chair et il a planté sa tente parmi nous. »


Durant des centaines de milliers d’années ces hommes ont trouvé abri dans les grottes naturelles, telles sur les pentes du Mont Carmel (ci-contre), à 30 km de Nazareth, qui furent habitées durant près de 50 000 ans.


Mais les derniers millénaires avant notre ère sont témoins de très nombreuses mutations, en particulier dans le domaine de l’habitat : l’homme préhistorique quitte ces grottes qui lui ont valu l’appellation d’homme des cavernes. Sur une surface de terre damée, ronde et cerclée de pierres, on dresse un faisceau de perches de bois, liées à leur sommet, sur lesquelles on étend des peaux d’animaux : la première maison est née.


Une deuxième étape est franchie, quand à Khirokitia, dans l’île de Chypre, un mur cylindrique en pisé supporte une charpente faite de petits troncs d’arbres. Ci-contre, les vestiges du village mis au jour par les archéologues. À l’écart du site ancien, quelques maisons ont été reconstituées pour faciliter la lecture des fouilles archéologiques. Traversons le bras de mer qui sépare l’île de Chypre de la côte sud de la Turquie. Passés les premiers plissements de la chaîne du Taurus, nous arrivons sur le plateau de Çatal-Höyük, un des plus anciens villages du Proche Orient.

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La maquette établie d’après le résultat des fouilles archéologiques souligne bien le regroupement des maisons en une structure homogène à caractère défensif. Les maisons y sont de plan rectangulaire, ornée de graphismes ocre-rouge d’une grande élégance. Un début de mobilier, taillé dans la pierre, en garnit l’intérieur.


De son passage, l’homme n’a laissé comme traces que la représentation picturale de ses chasses et la sculpture de ses trophées : victimes d’un jour dont on retrouve les ossements proches de son habitat. Chevaux et gazelles, bovins et sangliers peints sur les parois des grottes provoquent, aujourd’hui encore notre curiosité et notre admiration.


S’il est difficile de dater l’apparition de la poterie, on peut toutefois tenir pour certain qu’elle était devenue commune au cours du néolithique. Avec l’invention du tour, quelques 3 000 ans plus tard, les formes se multiplieront et se préciseront. Dès lors cet artisanat ne fera que croître et se diversifier, marquant à chaque étape ses origines par cette diversité même et donnant ainsi aux chercheurs une grille de référence pour situer les objets ou les constructions mis au jour par des fouilles archéologiques. La texture des poteries, les formes et la décoration des cruchettes, des plats ou des vases permettront de situer, souvent avec beaucoup de précision, les poteries dans le temps et dans l’espace.

De prédateur, l’homme devient producteur


Dans les années 7000–6000, une profonde mutation marque l’aventure humaine : l’homme va passer de la « prédation » à la « production » : dans la steppe ou les fourrés, il chassait pour se nourrir de gazelles et bouquetins sauvages. De chasseur il devient pasteur, berger de chèvres et de moutons. Il inaugure ainsi un style de vie qui s’imposera peu à peu dans toutes les zones arides du Proche-Orient, un style de vie qui fournira tant d’images aux écrivains bibliques. "Je suis le bon pasteur et je connais mes brebis comme elles me connaissent. J’ai d’autres brebis qui ne sont pas dans ce parc. Celles-là aussi je dois aller les chercher. Elles ne feront plus qu’un seul troupeau avec un seul pasteur"


Dans le même temps, les hommes commencent à travailler la terre : l’agriculture est née. Les céréales s’ajoutent désormais au produit de la cueillette des fruits sauvages et constituent l’un des éléments essentiels de la nourriture. Cette alimentation plus équilibrée fera croître la longévité et aura entre autres conséquences un développement démographique du Proche Orient qui contribuera, au début du 4ème millénaire, à une mutation radicale de la société.


Après l’orge qui fut la première céréale cultivée durant le Néolithique, le blé s’inscrira assez rapidement dans l’éventail des cultures du Proche et du Moyen-Orient. Ci-contre, dans le creux de la main, quelques grains de blé calciné retrouvés à Jéricho dans le fond d’une fouille archéologique ; sac et blé datent de plus de 6.000 ans !


À la fin du 4ème millénaire, les conditions économiques favorisent une nouvelle croissance démographique. La vigne, inconnue jusque là, est introduite en Palestine. Du pain fait de céréales, du vin, fruit de la vigne, Jésus fera un jour son Corps et son sang. "Jésus prend du pain, prononce une bénédiction et le rompt. Puis il le leur donne en disant : “Prenez, ceci est mon corps.” Il prend ensuite la coupe, il rend grâces, il la leur donne. Puis il leur dit : “Ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui est versé pour vous.”"


La vie urbaine s’organise et les tâches se spécifient ; les cités se ceinturent de remparts pour se protéger des pillards qu’attire leur richesse nouvelle. L’écart se creuse entre villageois (artisans ou paysans) et les nomades pasteurs.


Le refus de la différence engendre la méfiance. Le mythe de Seth et Osiris en Égypte comme celui de Caïn et Abel dans la bible, en sont la parfaite illustration. "Caïn dit à Abel son frère : “Allons dans la campagne.” Et comme ils étaient dans la campagne, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua. Yahvé dit à Caïn : “Où est ton frère Abel ?” Celui-ci répondit : “Je n’en sais rien ; suis-je le gardien de mon frère ?”"

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Le Temps de l’Histoire


Au 4ème millénaire, le Proche-Orient entre dans le temps de l’Histoire. L’Égypte Pharaonique naissante invente l’écriture. Ses hiéroglyphes s’alignent sur les murs des temples et sur les papyrus du Nil séchés et collés en larges bandes. A l’est, les cités indépendantes de Sumer, ne sont pas en reste. Les tablettes d’argile, couvertes de cunéiformes gravés par le stylet des scribes de Sumer, livrent leurs premiers textes. Avec cette invention décisive, le Proche-Orient ouvre, le premier, les portes de l’histoire. 2 000 ans avant la Chine, 1 500 ans avant l’Amérique Latine, écritures et monuments nous révèlent la vie quotidienne de ceux qui ont initié l’Histoire.


Pourquoi est-ce en Égypte et en Mésopotamie qu’apparurent ces deux premières civilisations? La réponse est sur la carte ci-contre : le Nil en Égypte, le Tigre et l’Euphrate en Mésopotamie dessinent deux longs couloirs fertiles ! Il y a 10 500 ans, le renforcement des pluies de la mousson africaine fait verdir la région. Après une période de pluies abondantes, une savane tropicale s’y installe, parsemée de lacs et peuplée d’hippopotames, de crocodiles et d’éléphants. Durant plus de 3 000 ans cette générosité de la nature retient sur place les tribus indigènes. Mais cette période humide cessa il y a environ 7 000 ans et le Sahara prit alors ce visage minéral qui nous est si familier. Les populations sont chassées vers l’est par la désertification.


Arrivés aux berges du Nil leur course prit fin. Le limon du fleuve, à chaque inondation, renouvelait la fertilité des champs. Il n’y avait plus qu’à travailler la terre pour engranger. Il suffit pour en être convaincu de se rappeler les regrets des Israélites au désert : « Nous nous rappelons encore les légumes que nous mangions pour rien en Égypte, les concombres, les pastèques, les poireaux, les oignons et l’ail. »


Trois siècles après la première unification de la vallée du Nil, les pharaons déplace la capitale d’Héliopolis à Memphis à quelques 30 km au sud du Caire. L’Ancien Empire est né. Durant les siècles suivants quatre dynasties règneront sur la vallée du Nil unifiée. Ils laisseront à la postérité leurs tombes démesurées, figures emblématiques de l’ancienne Égypte : les Pyramides de Khéops, Khephren et Mykérinos. Après une longue période de crise, l’Égypte se ressaisit. L’augmentation de la population demande des initiatives agricoles qui sont menées avec succès par les pharaons du Moyen Empire dans l’oasis du Fayoum tout particulièrement. Durant près de trois siècles les maîtres de l’Égypte affirment leur puissance laissant derrière eux les traces indélébiles de leur réussite et de leur gloire. Cette Égypte, enjolivée par les siècles, fournira bien des lustres plus tard, le cadre dans lequel les auteurs bibliques installeront les Patriarches. Mille et un détails de leurs aventures seront empruntés au pays des pharaons.

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Le phénomène se reproduit dans le même temps en Mésopotamie. Sur les rives du Tigre et de l’Euphrate des populations attirées elles aussi par ces terres fertiles descendent des hauts plateaux iraniens et fondent un certain nombre de cités-états qui s’affronteront souvent pour obtenir la maîtrise de la Basse Mésopotamie. Activités commerciale et opérations de conquête nous sont racontées en images ; peintes sur la céramique des vases ou des carrelages des murs, elles ont résisté de façon surprenante aux outrages du temps. Tandis que les cités-états s’épuisent en guerres fratricides, un usurpateur du nom de Sargon prend le pouvoir dans la ville de Kich ; renverse les rois en place et construit sa nouvelle capitale, Agadé, sur les bords de l’Euphrate. De là il se taille un empire. Ses troupes très mobiles font merveille : elles s’imposent maintenant de l’Asie Mineure à la Médie, des contreforts du Taurus au Golfe Persique. A la langue sumérienne, Sargon substitue l’Akkadien, une langue sémite du Proche Orient.


Quatre siècles plus tard, Hammourabi roi de Babylone unifie par les armes les territoires jadis soumis à Sargon d’Akkad. Administrateur hors pair, il lègue à la postérité un code juridique qui restera en usage pendant près de 1 000 ans. Son règne fut l’un des plus prestigieux de l’ancien Orient par l’ampleur de son œuvre politique et législative. Il acheva la conquête d’Akkad et fut le premier à établir la domination de Babylone sur la Mésopotamie.


Voilà donc le contexte dans lequel les écrits bibliques situent la saga d’Abraham, pour en faire le Père des croyants. Parti du sud de la Mésopotamie, le patriarche parcourt le croissant fertile et se retrouve en Égypte avant de venir se fixer, en fin de compte, en Terre de la Promesse. Il devient modèle pour tous ceux qui mettent leur confiance en Dieu, car c’est la foi qui le fit obéir et partir vers le lieu qu’il devait recevoir en héritage, car il partit sans savoir où il allait. C’est la foi qui l’a amené à rester sur cette terre promise qui n’était pas encore sienne, et il a vécu là sous la tente, de même qu’Isaac et Jacob, héritiers de la même promesse. Tels sont bien les mots de la Lettre aux Hébreux.

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Pour comprendre l'histoire de la Terre Sainte, il faut remonter aux origines du terriroire où elle se trouve, le Proche Orient actuel.
Le père Louis Hurault nous emmène sur les traces de l'Ancien Testament...

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