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Une Parole qui nous dépasse
Lire la Bible

La Bible sera toujours plus vaste que ce que nous pouvons en comprendre et expliquer. Jamais nous n’aurons épuisé une si vaste source. Ce que nous en comprenons personnellement et ce que l’Église en a compris au long des âges n’est rien par rapport à ce que cette Parole a encore à nous dire. Ce serait un leurre considérable de penser que désormais nous savons tout et que nous n’avons plus rien à apprendre. Il s’agit d’une parole vivante qui nous dit Dieu et nous révèle à nous-mêmes. Or, ce genre de découverte n’est jamais achevé.


Le pape Benoît XVI, lors de sa rencontre avec le clergé de Rome au Vatican, le 22 février 2007, soulignait ce point par ces mots :

La Parole est toujours plus grande, cela est d’un grand réconfort pour nous. Il est bon de savoir qu’il y a encore un trésor intarissable et que chaque nouvelle génération redécouvrira de nouveaux trésors et ira de l’avant avec la grandeur de la Parole de Dieu. C’est en étant conscient de cela que l’on doit lire l’Écriture.


Il est une autre raison pour laquelle la Bible nous dépasse : la lecture de certains passages ne nous rejoint parfois pas du tout, au regard de ce que nous sommes en train de vivre. Pourtant, accueillir un texte que nous n’avons pas choisi est une preuve de maturité. Se laisser déranger par une plainte alors que nous sommes peut-être dans la joie ou bien par un cantique d’action de grâce alors que nous traversons l’épreuve est gage d’une croissance. Car la Parole nous met en lien avec toute l’humanité qui, à cette heure, est tout ensemble dans la joie et la peine, dans l’espérance et le doute, dans le combat et dans la paix. Nous pouvons nous unir à travers le passage de l’Écriture que nous lisons à tous ceux qui vivent ces situations diverses, afin de ne pas rester repliés sur nous-mêmes. Méditer l’Écriture est une formidable ouverture du cœur, qui nous rend toujours plus universels.


Voici le récit de "Nénette", touchée par la Parole de Dieu...


Une jeune adulte sans domicile fixe - Nénette - est hébergée depuis deux semaines par une femme (on l’appellera Nicole). Un jour où celle-ci devait se rendre à la rencontre mensuelle du groupe biblique auquel elle participe, elle y invite sa nouvelle amie. Après de rapides présentations, une bible est donnée à Nénette et la lecture commence, suivie d’un partage. Cette jeune femme n’a jamais encore ouvert de bible. Elle s’y emploie simplement avec les quelques conseils qui lui sont donnés. La rencontre se déroule bien, sans surprise, et lorsque vient le moment de se quitter, la nouvelle arrivée remercie de la bonne soirée qu’elle a passée, de l’accueil chaleureux qu’elle a reçu... Le mois suivant, Nicole revient seule.

« Nénette n’est pas avec toi ? » « Non, elle est partie ! » Pas d’autres explications, mais Nicole ajoute : « Elle a laissé quelques affaires chez moi, elle a dit qu’elle repasserait peut-être, alors j’ai ramené la bible que vous lui aviez donnée car j’ai pensé que vous pourriez en avoir besoin pour quelqu’un d’autre. » Lorsque l’on a ouvert cette bible, on découvrit que Nénette y avait souligné des quantités de passages au feutre vert. Nous étions bouleversés car il s’agissait des plus beaux passages de la Bible : de l’Exode aux prophètes, des Psaumes comme de l’Évangile. Tous évoquaient l’Amour et la Tendresse de Dieu. L’Esprit Saint l’avait sans doute guidée, durant les quelques jours où elle avait eu la Bible entre les mains, pour qu’elle goûte aux plus belles paroles de la Révélation.

Si l’évangile n’est pas nous-mêmes, s’il ne passe pas par nos mains, si nos mains ne deviennent pas des mains de lumière qui donnent et ne veulent plus posséder, si notre visage ne porte pas ce sourire de la divine bonté, si notre corps tout entier ne devient pas le sanctuaire de l’Esprit, tous les livres et tous les discours ne feront que brouiller les cartes et dresser des murs de séparation, parce que seule une âme peut parler à une âme, seule une intimité peut en éclairer une autre, seul un amour peut susciter l’amour.

Maurice Zundel

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