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La vie quotidienne à Capharnaüm

Les habitants étaient agriculteurs, produisant céréales et cultures maraîchères, dans une région fertile où foisonnaient oliviers et dattiers ; on y côtoyait aussi des artisans, fabricants d’accessoires agricoles en basalte: pressoirs à olives, meules et mortiers exposés aujourd’hui dans le musée lapidaire de plein air. Les pêcheurs étaient également nombreux à Capharnaüm. Si l’on a retrouvé des hameçons dans plusieurs maisons, la pêche à la senne restait bien la plus pratiquée.


C’est dans ce contexte social que ce sont déroulés bien des faits rapportés par les évangiles. On resterait des heures à relire ici, face à ces quartiers d’habitation, les pages de l’évangile qui nous parlent de Jésus à Capharnaüm. Il faudrait évoquer la foi du centurion, la femme souffrant d’hémorragie, la belle-mère de Saint Pierre couchée avec la fièvre, les nombreuses guérisons opérées à la tombée du jour, celle de la femme qui souffrait d’hémorragies et la résurrection de la fille de Jaïre... et bien sûr encore l’annonce du Pain de Vie, dans la synagogue…

Capharnam
Quartiers d’habitation, aménagés sur le plan hippodamien.

1. Une rue principale descendant à droite vers le Lac.

2. Une ruelle en escalier (voir vue ci-contre)

Ici la ruelle en escalier vue en enfilade

Les murs sont en galets de basaltes, seules les huisseries, les marches, les colonnes et les seuils sont taillés et ajustés.

1. Huisserie

2. Seuil

3. Escalier menant à la terrasse

4. Colonnes soutenant le passage qui conduit à la terrasse sur le toit de la maison (Marc 2,1)

A partir des fondations et de ce qui subsiste des maisons, nous avons une idée assez juste du plan de la ville durant les premiers siècles de notre ère.

Dès lors nous pouvons tenter une reconstitution d’un quartier de Capharnaüm.

Les fenêtres sont de simples ouvertures consistant en un assemblage d’une pierre horizontale portée par deux autres verticales.

Dans beaucoup de cours desservant habituellement deux ou trois maisons, le four commun est encore bien visible avec ses parois en basalte recouvertes d’argile

Les moulins sont de deux sortes. Le grand moulin à olives est constitué d’une meule roulant sur une surface plate à rebord, actionnée par une barre traversant la meule et tournée par une bête de somme. On y écrase les olives entières que l’on recueille broyées, huile, chair et noyau confondus.

On ramasse le tout dans des sacs que l’on presse sous une énorme pierre parallélépipède rectangle qui glisse verticalement dans un cadre de bois. Par la pression, l’huile s’échappe du sac et coule dans la cuve creusée sous la presse.

Il y a aussi les moulins à grain tournés par deux personnes : « de deux femmes qui seront à moudre l’une sera prise l’autre laissée » (Luc 17,35). La meule a une forme de coquetier à double entrée qui tourne sur une pierre conique.

Il existe enfin les petits mortiers ; la très grande quantité de moulins et de mortiers retrouvés au cours des fouilles ont donné à penser à certains que leur fabrication était une des activités des artisans de Capharnaüm

Arrêtons-nous, pour finir, dans ce musée de plein air, à quelques pierres : c’est tout d’abord la borne milliaire romaine de la Via Maris allant d’Akko à Damas.

Une belle étoile de David sculptée dans le calcaire blanc...

...et une coquille Saint-Jacques, sculptée très certainement pour la décoration de la synagogue.

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