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Capharnaüm, sur la route de Damas

Jésus descend des hauteurs de Nazareth, et gagne la route romaine qui du port de Ptolémaïs sur la Méditerranée, conduit vers le Lac de Tibériade, le contourne et file vers Damas en Syrie.


Ptolémaïs a changé plusieurs fois de nom au cours de son histoire : connue sous le nom d’Akko depuis le 2ème millénaire avant Jésus Christ, elle devient peu de temps après la mort d’Alexandre, Ptolémaïs, pour répondre au temps des Croisades au nom de Saint Jean d’Acre ; avec la fondation de l’État d’Israël, la ville retrouve son premier nom : Akko.


C’est donc de Ptolémaïs, puisque nous sommes au temps de Jésus, que part la route de Damas ; elle traverse d’abord, d’ouest en est, la plaine de Beth Nétopha, passe à quelques kilomètres au nord de Séphoris et débouche sur le Lac de Galilée à la hauteur de Magdala, patrie de Marie-Madeleine. Désormais la route suit la rive nord-ouest du lac ; au terme de trois heures de marche, Capharnaüm, la ville aux couleurs de basalte, est en vue. Matthieu la considère comme la ville du Seigneur.



Capharnaüm


Cette région placée sur la faille qui sépare la plaque géologique africaine de la plaque arabique, a connu depuis des millénaires séismes et phénomènes volcaniques. Cette menace permanente n’a cependant pas empêché les hommes de s’installer ici. Le lac et les terres qui l’entourent suffisaient à y retenir, et depuis l’âge de la pierre, les moins téméraires, comme l’attestent les silex taillés retrouvés en 1984. De cette longue occupation l’Ancien Testament ne garde nullement mémoire, seule l’archéologie confirme la présence d’une population résidente sur le site de Capharnaüm dès le 13ème siècle avant Jésus Christ, et tirant sa richesse de la pêche, du commerce et de l’agriculture.


Au temps de Jésus, Capharnaüm présente le visage d’une petite cité construite selon le plan qualifié d’hippodamien, en mémoire du célèbre urbaniste grec : Hippodamos de Milet qui s’en fit le fervent promoteur au 5ème siècle av. J.-C. Dès lors ce plan urbain se répandit pour de longs siècles dans tout le monde méditerranéen : adopté à Capharnaüm, la ville nous montre des rues se croisant à angle droit déterminant ainsi des espaces carrés où les maisons se regroupent autour d’une courette ouvrant sur la rue. Les familles s’y rassemblaient pour prendre les repas, les artisans travaillaient sur place, et l’on a retrouvé fours et meules, qui témoignent encore des activités quotidiennes de la population. Les maisons ne possédaient pas d’étage. Un escalier cependant permettait de gagner le toit porté par une charpente légère et recouvert de terre battue mélangée à de la paille.


Cette vie simple et laborieuse se poursuivit sans autre avatars que les querelles sporadiques entre païens, Juifs et Chrétiens qui ne les empêchaient pourtant pas de célébrer leur rituel respectif si proche les uns des autres et de vivre à certains moments une entraide efficace. Un texte de Luc nous en fournit une belle illustration : "Le serviteur d’un officier était si malade qu’il était sur le point de mourir ; or cet officier l’estimait beaucoup. Comme il avait entendu parler de Jésus, il envoya vers lui quelques Juifs importants pour lui demander de venir guérir son serviteur. Arrivés près de Jésus, ceux-ci insistent : “Il mérite que tu fasses cela pour lui, car il aime notre nation et c’est lui qui nous a construit la synagogue.” Luc 7, 2-5

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