Assbc

Deux lieux secondaires de Bethléem

Bethleem

Le champ des bergers

Qui pourra jamais dire où se trouvaient les bergers lorsqu’ils reçurent le message des anges ? Mais à cette question chacun voudrait bien imposer sa réponse : Arméniens, Grecs orthodoxes de Beit Sahur ou Catholiques latins, tous prétendent sans discussion possible que c’est chez eux que se tenaient les bergers en cette nuit très sainte. Comme me le disait un jour un chauffeur de car, arabe chrétien de Bethléem : le champ des bergers, c’est un champ… à quatre voix !


Ici, comme en d’autres lieux de Terre Sainte, le témoignage des pèlerins de l’époque byzantine est intéressant car ils sont contemporains de la fixation de nombreuses localisations et de la construction des premiers sanctuaires. Le “Pèlerin de Bordeaux”, parti en 333, parcourt la Palestine ; on ne lui montre à Bethléem que la basilique et la tombe de Rachel, mais Éthérie, pèlerine venue en Terre Sainte entre 380 et 388, prie dans une grotte “magnifique où les anges sont apparus aux bergers”. Une église est édifiée qui sera remplacée par une basilique élevée sur l’ordre de Justinien (6e siècle) ; elle sera incendiée par les Perses de Chosroês II. Une église monastique protégée par une solide enceinte, pour la mettre à l’abri des incursions arabes, sera reconstruite au 7e siècle au même emplacement ; c’est l’église que visitera Arculf trois siècles plus tard. Il ne reste de toutes ces constructions que des fondations et des fragments de mosaïques, dont deux croix au sol, signe de leur ancienneté : un édit de 427 interdit en effet ce type de décoration par respect pour l’emblème sacré. Tous ces vestiges architectoniques sont visibles sur le site grec-orthodoxe de Beth Sahur.


Un autre « champ des bergers » est celui des latins, gardé par les Pères Franciscains. Les fouilles qui y furent faites révèlent bien la présence d’un monastère, qui connut au moins deux phases d’occupation entre le 5e et le 8e siècle, date où il fut définitivement abandonné, mais le résultat de ces recherches sont encore modestes. Une chapelle moderne a été édifiée dans le voisinage immédiat de ces ruines et une grotte, qui fut longtemps habitée, a été aménagée en lieu de culte.

Le tombeau de Rachel

La tradition a localisé la sépulture de Rachel, la femme bien-aimée de Jacob et la mère de trois tribus : Éphraïm-Manassé, et Benjamin, à la sortie de Bethléem, sur la route de Jérusalem. Un petit monument blanc, surmonté d’un dôme, abriterait donc la seconde femme de Jacob. Mais cette localisation est en contradiction avec un passage du livre de Samuel qui laisse entendre que Rachel serait enterrée dans le territoire de Benjamin (1-Samuel 10 2), près de Béthel.

Sans doute pouvons-nous voir là un transfert de localisation dû aux conditions politiques de l’époque : lorsque les territoires du nord tombèrent entre les mains des Assyriens, il devenait impossible pour les habitants du sud d’aller vénérer le tombeau de Rachel. C’est alors probablement qu’on se replia sur la région de Bethléem, selon un processus bien connu dans l’histoire des lieux de pèlerinage.



Nous contacter
Mentions légales
shape
Antiquité - Premiers siècles - Croisades - Constructions - Façade Basilique - Intérieur Basilique - Lieux secondaires - Textes bibliques
Retour Bethléem