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Bethléem à l'heure des Croisades

La défaite des byzantins en 1071 à Manzikert, non loin du Mont Ararat, ouvrit l’Asie Mineure aux hordes des Turcs seldjoukides. Les chrétiens furent persécutés et leurs églises une nouvelle fois mises à sac.

Pour des motifs autant politiques que religieux, le Pape Urbain II appelle alors l’Occident à la Croisade. Dès la première heure, la République de Pise répond avec 120 navires à l’appel du Pape. Elle achemine vers la Terre Sainte les contingents levés en Île-de-France et en Normandie sous le commandement d’Hugues de Vermandois et de Robert Courteheuse.

Retardés durant des mois par le siège d’Antioche, les Croisés n’arrivent en Judée qu’en juin 1099. Tandis que Gaston de Béarn part en éclaireur avec ses hommes vers la Ville Sainte, Tancrède fonce sur Bethléem. Le 6 juin, la ville est prise et les chrétiens libérés.

Daimbert, archevêque de Pise, arrivé d’Italie avec la première Croisade, brigue d’entrée de jeu la direction des opérations et donc la succession de Godefroy de Bouillon, mais par son insolente ambition, il se met à dos les chefs de la Croisade. Si on lui refuse la direction de la Croisade, on lui impose par contre l’humiliante mission de sacrer son propre rival, Baudouin Ier.

Bethleem

L’année suivante, dans la Basilique nettoyée et rafraîchie, se déroulaient les fastes du couronnement du premier roi latin de Jérusalem. Maîtres de Bethléem, les Croisés entreprirent la restauration de la Basilique : sur chaque colonne on peignit un saint, de l’Église latine comme de l’Église d’Orient : Eutyme, Théodose ou Saba sont là, mais aussi Canut, roi du Danemark ou Olaf, roi de Norvège. L’un des peintres a laissé sa signature dans un panneau entre la 8ème et la 9ème fenêtre : Basilius Pictor.


On recouvrit alors les murs au-dessus des architraves de mosaïques sur fond d’or, tantôt purement décoratives, tantôt historiées. On y relève même des textes des 6 premiers Conciles, présentés dans des décors fantaisistes. On doit également encore à ces artistes médiévaux un joli cloître, construit au nord de la Basilique et communicant directement avec elle.


Durant les deux ou trois siècles suivant ce travail d’aménagement et de décoration se poursuivit, mais l’étape la plus remarquable en fut la pose d’une nouvelle iconostase richement ornée, qui venait remplacer celle du 14ème siècle. En 1881, les désaccords trop fréquents entre les Grecs Orthodoxes et les Catholiques Latins, aboutirent à la construction d’une seconde église – l’église Sainte Catherine –, parallèle à la Basilique. Du coup, le cloître médiéval lui servit d’atrium. De la nouvelle église un escalier fut aménagé pour donner aux pèlerins un accès direct à la grotte. Descendons humblement cet escalier pour y rencontrer celui qui s’est dépouillé de sa condition divine pour partager notre humanité.

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