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Bethléem dans l’antiquité

Il faut remonter au 14ème siècle avant J. C. pour trouver mention de Bethléem. Rempli de zèle pour son maître, le roi de Jérusalem, un Cananéen, écrit au Pharaon Akhenaton afin d’obtenir l’envoi d’archers qui lui permettront de mettre au pas Bethléem qui s’est révoltée contre son suzerain.

Les siècles passent et la Bible nous livre une véritable petite merveille : le livre de Ruth ! Quelle bouffée de fraîcheur, d’affection et de tendresse, dans cette peinture des vertus familiales, si loin des récits violents du Livre des Juges ou des Livres de Samuel ! Dans un récit bucolique, empreint de simplicité et de noblesse, Ruth, l’étrangère, la Moabite, choisit le Dieu d’Israël et déclare à Noémi, sa belle-mère, une bethléémite : “Où tu iras, j’irai ; où tu resteras je resterai. Ton peuple sera mon peuple et ton Dieu sera mon Dieu”. Accueillie par la communauté de Bethléem, cette jeune femme païenne, qui s’ouvre à l’espérance d’Israël, épouse Booz, le propriétaire du champ sur lequel elle glanait les orges. De cette union naîtra Obed ; Obed engendra Jessé, Jessé engendra David, l’ancêtre de Jésus – nous retrouvons bien sûr ici la généalogie de Jésus dans l’évangile de Matthieu.


Samuel consacre David

Or voici qu’aux environs de l’an 1000 av. J.C. le prophète fut envoyé par Dieu à Bethléem pour oindre David comme roi, à l’insu de Saül : “Emplis donc d’huile ta corne et va. Je t’envoie vers Jessé de Bethléem, car je me suis choisi un roi parmi ses fils.” Samuel répondit : “Comment pourrai-je aller ? Si Saül l’apprend, il me tuera.” Mais Yahvé lui dit : “Tu prendras une génisse et tu diras que tu es venu pour offrir un sacrifice à Yahvé. Tu inviteras Jessé au sacrifice et moi, je te ferai savoir ce que tu dois faire : tu me consacreras celui que je te montrerai.” Samuel fit comme Yahvé l’avait dit. Lorsqu’il arriva à Bethléem, les anciens sortirent en tremblant à sa rencontre. Ils lui dirent : “Es-tu venu pour la paix ?” Il répondit : “Oui, pour la paix. Je suis venu offrir un sacrifice à Yahvé. Purifiez-vous et venez avec moi au sacrifice.” Il alla donc purifier Jessé et l’inviter au sacrifice avec ses fils. Ils entrèrent. Lorsque Samuel aperçut Éliab, il se dit : “Voilà sûrement devant Yahvé celui qu’il va consacrer.” Mais Yahvé dit à Samuel : “Oublie sa belle apparence et sa haute taille, je l’ai écarté. Car Dieu ne voit pas les choses à la façon des hommes : l’homme s’arrête aux apparences mais Dieu regarde le cœur.” Jessé appela Abinadab et il le fit passer devant Samuel. Mais Samuel dit : “Il n’est pas celui que Yahvé a choisi.” Jessé fit passer Chamma, mais Samuel dit : “Ce n’est pas lui non plus que Yahvé a choisi. » Finalement Jessé fit passer ses sept fils devant Samuel, car Samuel disait à Jessé : “Yahvé n’a choisi aucun de ceux-là.” Alors Samuel dit à Jessé : “Ce sont donc là tous tes garçons ?” Il répondit : “Non ! Il y a encore le plus jeune, il garde le troupeau.” Samuel dit à Jessé : “ Fais-le chercher, car nous ne nous mettrons pas à table avant qu’il ne soit ici.” On partit le chercher et il arriva ; il était roux avec de beaux yeux et une belle apparence. C’est alors que Yahvé dit : “Lève-toi, consacre-le : c’est lui.” (1-Samuel 16, 1-12)


On ne sait presque rien au sujet de la ville à cette époque, si ce n’est le cri nostalgique de David : « Qui me fera boire l’eau de la citerne qui est à l’entrée de Bethléem ? » Trois braves s’ouvrirent un passage au travers du camp des Philistins, ils puisèrent de l’eau dans la citerne qui est à l’entrée de Bethléem et la rapportèrent à David. (2-Samuel 23, 15).


Amos de Tékoa

Une autre notice, dans le 2ème Livre des Chroniques cette fois, nous apprend que Roboam, le petit-fils de David, fortifia Bethléem ainsi que Tékoa (2-Chroniques 11 6) à une petite dizaine de kilomètres au sud-est. Le site de Tékoa a disparu sous les coups des bulldozers israéliens : là où l’on voyait il y a quelques années encore les vestiges d’une église byzantine, se dresse aujourd’hui l’une des nombreuses colonies juives de la zone occupée de la Palestine.

C’est là, à Tékoa, que naquit au 8ème siècle, le prophète Amos. Il était l’un des intendants des troupeaux de Tékoa (Amos 1, 1), c’est ce que nous apprenons de la bouche d’Amos lui-même lors d’un conflit qui l’opposa au prêtre du sanctuaire de Béthel en Samarie.

Amasias dit à Amos : “Va-t-en, voyant ! Retourne au pays de Juda, et là, mange ton pain en faisant le prophète ; mais tu ne prophétiseras plus à Béthel, car c’est un sanctuaire royal, un temple du royaume”. Amos répondit à Amasias : “Je ne suis pas prophète, je ne fais pas partie des groupes de prophètes : je suis berger et je traite les sycomores. Mais Yahvé m’a pris de derrière le troupeau et m’a dit : Va, prophétise à mon peuple Israël.” (Amos 7, 12-15).

Bethleem

Que dit encore l’Ancien Testament ?


Ce n’est pourtant pas lui, mais son contemporain Michée qui parlera une nouvelle fois de Bethléem dans une prophétie bien connue, citée par l’évangéliste Matthieu lors de la visite des mages à la crèche. « Toi, Bethléem Ephrata, bien que tu sois le plus petit des clans de Juda, c’est de toi que me naîtra celui qui doit régner sur Israël ; ses origines remontent aux temps anciens, aux jours d’autrefois.» (Michée 5 1)


L’étude archéologique montre que durant cette période royale de l’Ancien Testament, la petite ville se situait là où se trouvent aujourd’hui la place centrale et la Basilique ; de nombreux foyers logeaient dans des habitations troglodytiques. Au retour de la captivité à Babylone, le Livre d’Esdras recense 123 « fils de Bethléem » : « Ils avaient été déportés par Nabukodonozor. Ils retournaient maintenant à Jérusalem et en Juda, chacun dans sa ville, conduits par Zorobabel, Josué, et Néhémie. » (Esdras 2 1…21)


Rome avait, de conquête en conquête, imposé sa loi à tout le Bassin méditerranéen, c’est alors que revint à Bethléem un lointain descendant des rescapés de Babylone : il ne revenait pas seul ! Il revenait avec sa fiancée, Marie de Nazareth, enceinte par l’action de l’Esprit Saint.


Quelques mois plus tôt elle avait reçu de l’ange Gabriel un message divin : «Tu vas être enceinte et tu mettras au monde un fils que tu appelleras du nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut, et c’est à lui que le Seigneur Dieu donnera le trône de David son père. » (Luc 1 31-32)


Accueillis à Bethléem, la situation de la jeune femme, sur le point d’accoucher, demandait respect et discrétion. Or dans ces villages en partie troglodytes l’habitat était simple : une première partie de la grotte ouvrait sur le versant nord de la colline et plus en retrait, plus vaste aussi une grande salle affichait un tracé tourmenté, un sol irrégulier.



Aux portes du Désert de Juda


Tout cela, bien sûr, n’était que le fruit de l’inlassable travail des eaux de ravinement sur l’éperon calcaire où la Bethléem était assise, dominant de ses quelques 800 mètres d’altitude le Désert de Juda.

Lorsqu’on sortait de la maison rupestre où Joseph et Marie avaient trouvé asile, on découvrait sur la droite, les terres qui descendaient rapidement vers la Mer Morte à 1200 mètres plus bas. Bien vite, les oliviers et l’herbe déjà rare disparaissaient pour laisser la place à la pierraille.

Tel est le cadre dans lequel Marie mit au monde son fils premier-né. Tel est le cadre dans lequel durant ses premiers mois, l’enfant nouveau né s’ouvrit à ce monde pour lequel le Père donnait son Fils Bien-aimé.

Bethléem est l’un des sites chrétiens les plus visités, les plus vénérés de Terre Sainte. C'est ici, dans la grotte sise sous la vaste basilique de la Nativité que Jésus est né, lorsque les temps furent accomplis. Le lieu en est attesté depuis les premiers siècles de l'ère chrétienne.

“Le Christ n’est-il pas descendant de David ? Et n’est-ce pas dit dans l’Écriture ? Il doit venir de Bethléem, la ville de David”. (Jean 7 42) À ce témoignage de l’Écriture au sujet de Bethléem vont se joindre d’autres témoins.

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