NOUVELLES  DE  CHINE

 

 

 

LETTRE DE MACAO  FÉVRIER 2011  (extraits)

 

Le mois dernier nous vous avons raconté quelques détails sur la situation de l’Église en Chine. Nous sommes en train de vivre des moments délicats qui, d’après certains, signifie un retour en arrière de 10 ans, néanmoins…

 

L’Evangélisation continue à être la première priorité absolue des communautés du continent

Au début de l’année nouvelle l’évangélisation continue à être la priorité dans la vie des communautés catholiques continentales de Chine qui se demandent ce qui a été fait dans ce domaine pendant l’année dernière et planifient les activités pour l’année nouvelle. Les nouvelles reçues par l’Agence Fides sur ce domaine sont nombreuses, en voici quelques unes.

Pendant la réunion qui eut lieu le 15 janvier sur le thème de l’évangélisation, deux groupes missionnaires du diocèse de Tai Yuan, de la province de Shan Xi, ont fait le bilan de l’année dernière et ont planifié les initiatives pour la nouvelle année. D’après les participants, "d’abord, nous devons être très bien préparés nous-mêmes pour être à la hauteur de la mission". Notre ‘arme secrète’ pour obtenir une fructueuse mission de l’évangélisation est les Saintes Écritures. La Bible est une source pour puiser la force et les compétences. Deuxièmement, il faut avoir la charité et la patience, tout en invoquant l’Esprit Saint. La troisième caractéristique est de donner la plus grande importance à la famille". Les dix groupes de "lecture de la Bible" du diocèse de Tai Yuan, dans la rencontre du 15 janvier, ont aussi réaffirmé leur engagement missionnaire à travers la diffusion de la Parole de Dieu.

"Les laïcs sont appelés à construire une communauté ecclésiale de communion" fut le thème de la rencontre organisée par la paroisse de Yi Nan, dans le diocèse de Lin Yi de la province de Shan dong, qui eut lieu le 16 janvier. Environ quarante personnes, laïcs actifs dans la pastorale, catéchistes de la paroisse et des représentants de quelques vingt chapelles, ont parcouru le chemin missionnaire réalisé par la communauté depuis 2007 jusqu’en 2010, confirmant la mission comme leur principale activité pour 2011.

 

 

LES SÉMINARISTES DU HEBEI ACCUEILLENT LEUR NOUVEAU RECTEUR

Les séminaristes du Hebei ont accueilli avec satisfaction la nomination de leur nouveau recteur, un Evêque et l’exclusion des politiques du conseil d’administration. En novembre-décembre de l’année dernière, 100 séminaristes se sont mis en grève et ont manifesté publiquement pour demander l’expulsion d’un politique local comme vice-recteur du séminaire.

Le nouveau conseil d’administration fut annoncé le 13 janvier. Le nouveau recteur est Mons. Feng Xinmao, évêque d’Hengshui. Le conseil d’administration du séminaire est formé par des évêques et des délégués de chaque diocèse dans la province du Hebei.

Selon le journal catholique de Shijiazhuang (65.000 exemplaires tous les 10 jours), Mons. Feng a dit aux séminaristes qu’il est prêt à servir de pont d’union entre le séminaire et le conseil d’administration, il visitera l’institution périodiquement pour écouter la voix des étudiants.

Fondé en 1984, le séminaire du Hebei a formé jusqu’à présent 472 séminariste desquels 427 ont été ordonnés prêtres. Actuellement il y a 116 étudiants dans six niveaux et plus de 30 professeurs à demeure ou temporaires.

 

 

 

 

LE NOUVEAU VISAGE DU CHRISTIANISME EN CHINE
 

 

Aujourd’hui, pendant que je vous écris, c’est le dimanche 30 janvier. Je viens de rentrer de la ville voisine de Zhuhai (Chine) où nous avons célébré la Messe dominicale. Cinq jeunes universitaires y ont participé. C’est très encourageant de voir comment les jeunes chinois acceptent et vivent leur foi.

Vous pouvez regarder à continuation une vidéo (en anglais, mais le texte est en espagnol) pour vous donner un aperçu du nouveau visage du christianisme en Chine.

Pendant des dizaines d’années, les chrétiens chinois vivaient plutôt à la campagne, maintenant cela change au fur et à mesure que les jeunes cadres apportent la foi chrétienne aux grandes villes comme Pékin et Shanghai

C’est mercredi, il est dix-neuf heures. Dans un appartement près du centre de la ville, de jeunes hommes et de jeunes femmes parlent sur la façon de mieux réussir dans un pays qui change tellement.

Tous sont membres de la nouvelle classe privilégiée de Chine, ils sont éduqués, cosmopolites, ils appartiennent à la classe moyenne ou haute des jeunes cadres. Ils sont tous des chrétiens. Jia Li Tian, l’une des participantes au groupe fait la remarque: “Jamais cela n’a si bien marché en Chine. Mais la vie est plus qu’argent et matérialisme.”

Li Tian travaille dans une grande entreprise de tourisme à Pékin, pareil que d’autres cadres urbains dans d’autres pays du monde, elle et ses collègues vivent dans de grandes tours. Ils ont une ou deux voitures. Ils connaissent la technologie, voyagent, ils ont de l’argent.

La pression exercée pour réussir est impitoyable. Zhou Jie, traducteur d’espagnol nous dit que la concurrence pour travailler dans les grandes villes est forte.

Pour sa part, le consultant en affaires, Liu Yi Zhuo, renchérit, "la position, c’est tout ce que l’on regarde, la taille de ton appartement, le genre de voiture que tu conduis. Voilà ce que les gens peuvent voir."

"Le gouvernement nous permet de gagner de l’argent et que nous ayons une bonne vie. Mais comment faisons-nous face à tant de pressions ? Le gouvernement n’a pas de réponses", ajoute Li Tian.

 

 

 

Le christianisme comble les vides dans la société chinoise

C’est dans cette société changeante que la religion, surtout le christianisme, est en train de remplir ce vide. Le dessinateur graphique, Zhu Kun, nous dit être une personne différente aujourd’hui. Kun, agé de 23 ans, est l’un des habitants urbains dont le nombre est en croissance, est en train de se convertir au christianisme. Liu Yi Zhuo nous raconte: "Les deux dernières années ont été difficiles pour moi. J’ai souffert tant professionnellement que personnellement. Mais quelqu’un m’a introduit à Jésus et maintenant j’envisage la vie d’une nouvelle façon."

Le Pasteur Jin Tian Ming, pasteur de Kun dit: "Dieu m’a appelé à former une Eglise pour atteindre ces jeunes avec l’Evangile."

Jin Tian Ming dirige "Shou Wang", l’une des Eglises les plus grandes non officielles, parfois appellées "sous-terraines" dans la capitale Pékin. Il est diplômé de l’université la plus prestigieuse de Chine. Cela fait 18 ans, il commença une Eglise avec dix personnes et maintenant environ mille personnes assistent à sa réunion hebdomadaire: "La plupart des personnes ont des diplômes universitaires et travaillent dans la ville. Nous avons des avocats, des professeurs, des médecins, des commerçants", explique Tian Ming. Il nous dit que des groupes similaires sont en train de se former dans d’autres villes, ils attirent les employés des bureaux : "Ils cherchent comment vivre avec les changements dramatiques en Chine et sont en train de trouver des réponses dans le christianisme."

 

Cathédrale de Beijing

 

Donner du sens à la vie Jia Lin Tian aide à diriger une étude biblique pour les nouveaux croyants. Elle dit que ceci est le nouveau visage du christianisme en Chine : « Dieu nous appelle à lui faire confiance ; nous verrons le changement après ». Ces croyants font partie de ce que certains appellent la Troisième Eglise Chinoise.

« Pedro », (nom fictif) est assesseur d’une Église sous-terraine. Il a travaillé pendant de dizaines d’années avec les Églises illégales de Chine. « On les appelle la Troisième Eglise car elles sont très différentes des deux types d’Église qu’il y avait avant en Chine. L’Église enregistrée, inscrite par le gouvernement et les églises non enregistrées, appelées maisons-église, fleurissaient dans les campagnes pendant les années 70 et 80. Mais après les manifestations de Tiananmen en 1989, ces chrétiens de la ville, éduqués, riches, ont commencé à bâtir des Églises urbaines. »

Selon les experts, le christianisme continue de croître en Chine rurale, mais dans les grands centres comme Pékin l’Église croît encore plus rapidement.

« Tandis que l’Église rurale n’a pas une répercussion dans la société en général, la Troisième Eglise peut y arriver dans les villes car elle peut atteindre des leaders qui ont du poids : des commerçants, des dirigeants gouvernementaux, des leaders en engineering, tous les aspects de la vie » explique Pedro.

 

 

Transparence dans la société Le Pasteur Jin n’a pas inscrit son église auprès du gouvernement et ne fait pas partie de l’Église approuvée par l’État. Mais, loin de se cacher des autorités, Jin et d’autres chefs de congrégations similaires, veulent travailler avec les membres du gouvernement. Liu Guan est un ancien de l’Église Shou Wang, une maison-culte : “Il y a des agents de la sécurité qui viennent à l’église chaque dimanche. Mais il n’y a rien à cacher. Nous voulons être transparents dans la société.” Le gouvernement chinois exerce un fort contrôle sur la religion. Néanmoins, ces dernières années, les autorités ont commencé une approche positive avec les leaders des maisons-église, surtout dans les villes.

L’Église est en train de croître en Chine et le christianisme est en train de devenir jusqu’à un certain point accepté par la société. « Les autorités le savent et ils se montrent consentants à travailler avec nous », nous dit Jin Tian Ming. C’est un geste apprécié par ces jeunes croyants dont la foi les guide au milieu des opportunités et des défis à vaincre dans la Chine actuelle.

L’agence Xinhua, organe officiel du gouvernement, publia le 24 janvier un article qui porte comme titre : La Chine guidera des Protestants à participer au Culte dans les églises officielles. « L’Administration de l’État chinois pour les Affaires Religieuses (SARA) a dit le lundi dernier qu’en 2011 elle invitera les Protestants qui participent au culte dans les églises non enregistrées à le faire dans des lieux approuvés par le gouvernement.

La liberté religieuse est approuvée par la Constitution chinoise mais sous les régulations de l’État (SARA), les activités religieuses en groupe doivent avoir lieu en général dans les endroits enregistrés pour l’activité religieuse, comme les monastères bouddhistes, les temples taôistes, les mosquées et les églises. »

 

 

JOURNÉE DES IMMIGRANTS À MACAO

Le 16 janvier dernier l’Église a célébré la Journée Mondiale des Immigrants et des Réfugiés. Le diocèse de Macao a suivi l’appel et a appelé les immigrants de Macao à une célébration pour prier pour l’unité dans la diversité. L’évènement a attiré plus de 1300 personnes qui vivent et travaillent à Macao. Nous avons commencé par une messe concélébrée, présidé par Mons. José Lai, Évêque de

Macao et 13 prêtres. Puis, nous nous sommes réunis pour un événement multiculturel avec la nourriture gratuite pour tous. Macao a 500.000 habitants et environ 30 millions de visiteurs s’y rendent chaque année. Notre collègue le Père Jojo fut l’un des organisateurs. La télévision locale a diffusé quelques interviews avec le Père Jojo, l’une en anglais et l’autre en cantonais.

Voici quelques photos de l’évènement.

 

 

 

 

NOUS VOUS DISONS AU REVOIR… AVEC LE DÉSERT DES LACS MYSTÉRIEUX DE CHINE

Dans l’état de choses, il est facile d’imaginer la difficulté pour comprendre qu’un paysage désertique, aride, sans pluie, et dominé par d’immenses dunes de sable, puisse abriter une quantité de lacs qui s’y trouvent depuis des siècles d’une façon invraisemblable. Quelqu’un décida d’appeler ce désert le Badain Jaran, quelque chose comme le désert des “lacs mystérieux”. Il faut le voir absolument…